1 mars 2021

Thomas Genevois, “On a une carte a jouer”

Le Stade Dijonnais est au repos forcé en raison du froid et des terrains gelés. Le troisième ligne centre Thomas Genevois, venu de Bourgoin (Top 14) à l’intersaison, prend son mal en patience. Avec DIJON-SPORTnews.fr, il en a profité pour expliquer ses choix et parler de son nouveau club.

Toute la rage de Thomas Genevois pour marquer cet essai face à Bobigny.

DIJON-SPORTnews.fr: Peux-tu nous raconter ton parcours avant Dijon ?

Thomas Genevois : “Déjà, je suis Montchaninois, c’est important de le souligner ! Je suis entré à 17 ans au centre de formation d’Agen où je suis resté trois ans. Après, je suis parti deux ans et demi à Castres où je suis passé pro la dernière année. Entre temps, je m’étais blessé au genou. J’ai eu l’opportunité de partir à Oyonnax comme joker médical en cours de saison. Je suis resté une année supplémentaire là-bas. Ensuite, Narbonne m’avait contacté alors j’ai tenté le coup un an. Ça s’est bien passé mais Bourgoin m’a fait venir. J’y suis resté 3 ans dont deux saisons avec mon frère. C’était sympa !”

DSn : Ensuite, tu as atterri en Fédérale 1. Comment ça s’est fait ?

TG : “A Bourgoin, mon contrat était terminé. J’étais plus ou moins à un tournant de ma carrière. J’avais des touches en Pro D2 mais j’ai plus fait un choix de vie. J’ai 29 ans et un petit bébé. Je me suis dit que je pouvais continuer à jouer au rugby et préparer ma reconversion. Il y a un projet intéressant à Dijon et ça me permet de revenir dans la région.”

Le Montchaninois, ici en discussion avec le capitaine Manu Rebelo, apporte toute son expérience du plus haut niveau.

DSn  : Comment s’est passée ton intégration au sein du club ?

TG : “Ce que j’apprécie à Dijon, c’est qu’il y a les valeurs bourguignonnes avec beaucoup de joueurs du cru. Ça m’a fait du bien de revenir aussi. Il y avait pas mal de joueurs que je connaissais plus ou moins donc l’intégration s’est très bien passée.”

DSn  : Tu regardes toujours le Top 14 attentivement ?

TG : “Oui bien sûr. Je regarde les résultats de Toulon puisque mon frère y joue. De toute façon je suis un passionné de rugby, je regarde tous les matchs. J’ai des copains dans un peu tous les clubs en plus.”

DSn  : Tu n’es pas amer de ne plus jouer en Top 14 ?

TG : “Non, car c’était voulu. Après, il faut être honnête, je n’ai pas eu de bonnes opportunités. J’aurais pu trouver un club en Pro D2 mais j’ai fait un choix de vie. J’avais peu joué la dernière année donc je n’avais pas de propositions en Top 14. J’avais besoin aussi de revenir dans un rugby avec moins de prise de tête et plus de plaisir, et avoir une vie à côté. Le rugby pro est particulier, il faut rester dans le moule. Ça me plaisait, mais c’est mon choix.”

DSn  : Comment tu juges la Fédérale 1 ?

TG : “Les clubs se structurent de plus en plus. Il y a plus de moyens, plus de joueurs pro. Mais ce n’est pas parce qu’il va y avoir 30 pros que les résultats vont être là. La différence c’est l’état d’esprit et le coeur qu’on y met, la cohésion du groupe. Le niveau est intéressant et on a une carte à jouer en améliorant certains secteurs.”

Selon Thomas, le Stade Dijonnais doit "moins jouer en quantité et plus en qualité."

DSn  : Tu as l’impression d’être plus surveillé sur les terrains ?

TG : “Oui, c’est sûr. Les autres savent d’où je viens. Ils ont envie de se mesurer à moi, de me provoquer, c’est un peu normal. Bien sûr qu’on compte sur moi. Je donne mon avis et j’interviens beaucoup dans le groupe, mais je n’arrive pas en ‘star’.”

DSn  : Comment tu juges le parcours du Stade Dijonnais ?

TG : “Difficile. Ce qui nous fait mal, c’est la défaite contre Lille. On fait un super match et on perd sur la fin. Un match comme Orléans aussi laisse des regrets, quand on voit qu’ils n’ont gagné que 2 matchs dans la saison. Sans ces deux matchs, on serait dans les clous. On a une poule qui est assez serrée mais ce n’est pas fini. On profite des reports pour récupérer les blessés. Maintenant, c’est sûr qu’il ne faudra pas se manquer contre Montluçon la semaine prochaine. Si on perd contre eux, ce sera cuit.”

DSn  : Qu’est-ce qui manque au Stade ?

TG : “On veut proposer un jeu complet mais il faut qu’on s’améliore sur les bases. Il faut être plus dominateurs en conquête. Il faut peut-être qu’on propose moins de jeu et être plus efficace. On n’a pas non plus pris un point de bonus défensif cette année. C’est un état d’esprit qu’il faut qu’on ait, de s’accrocher pour ramener au moins un point lorsqu’on perd.”

En attaque comme en défense, Thomas Genevois est le fer-de-lance du paquet stadiste.

DSn  : La qualification est toujours jouable selon toi ?

TG : “Si on n’y croit plus, autant arrêter maintenant. Je pense que c’est jouable. Il ne faut plus perdre un match à la maison, prendre le bonus contre les équipes les plus faibles et gagner un ou deux matchs à l’extérieur. Il n’y a pas une équipe qui nous soit supérieure. Il faut qu’on soit plus réaliste et meilleur en conquête. Il faut moins jouer en quantité et plus en qualité.”

DSn  : Le froid ne doit pas être facile pour s’entraîner. Comment vous gérez ce temps ?

TG : “Ce n’est pas évident. Heureusement cette semaine, on s’est un peu entraîné en salle. On a une grande chance à Dijon, c’est d’avoir un synthétique. Mais là, s’entraîner par -5 ou -7°, c’est vraiment pas facile. On fait des grosses séances de physique en salle et on souffre autant que sur le terrain. Ça permet de varier aussi dans une saison qui est longue et ça fait du bien à l’équipe. On était rentré dans une routine. Le problème vient du calendrier de la Fédération. En début de saison, on avait plein de week-end libres et maintenant, on se retrouve avec 7 matchs consécutifs en fin de saison…”

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