22 janvier 2021

Eddy Joliveau, “Stadiste comme au premier jour”

Alors que le Stade Dijonnais est quasiment sorti de la course à la qualification suite à la défaite contre Massy, le Président Pascal Gautheron a annoncé officiellement le nom du futur coach. C’est donc Eddy Joliveau qui fera son retour au club comme entraîneur principal la saison prochaine après avoir déjà occupé ce poste avant Éric Melville entre 2006 et 2010. DIJON-SPORTnews.fr s’est entretenu en exclusivité avec le responsable du pôle espoir rugby de Dijon suite à cette nomination officielle.

Eddy Joliveau, futur entraîneur du Stade, conservera son poste de responsable du Pôle espoirs rugby de Dijon.

DIJON-SPORTnews.fr : Quand as-tu été approché par le Stade et comment cela s’est fait ?

Eddy Joliveau : “Suite au non-renouvellement des coachs actuels, il y a eu une première approche par les dirigeants il y a quelques semaines. Ensuite, j’ai rencontré le Président. Rien n’est signé mais j’ai donné mon accord de principe. Il faut respecter le staff qui est en place actuellement, c’est pour cela que rien n’a été annoncé avant Massy.”

DSn : Quelles seront tes fonctions exactes au club ?

EJ : “Je serai entraîneur en chef. Je ne serai pas manager, ni dans les gradins, ni dans un bureau ! Comme sur le modèle anglo-saxon, il y aura un adjoint devant et un adjoint derrière. Ce dernier s’occupera aussi de la préparation physique. Ce sera un fonctionnement à trois afin d’avoir un discours neuf auprès des joueurs.”

DSn : Qu’est-ce qui va changer l’an prochain par rapport à ton précédent “mandat” ?

EJ : “Premièrement, je ne reviens pas pour faire la même chose qu’il y a deux ans. J’aime que les choses bougent. On sera trois entraîneurs, dont un professionnel en permanence au club. On essaiera de gommer les imperfections qui existent depuis que le Stade est monté en Fédérale 1 en instaurant un vrai fonctionnement pro pour tous. Par exemple, on souhaite dégager une matinée dans la semaine avec les joueurs pros et les pluri-actifs (ndlr : joueurs qui ont un travail à côté du rugby) pour avoir un moment privilégié d’entraînement et d’échanges humains. C’est un souhait afin de progresser et d’avoir une meilleure vie de groupe. Maintenant, il faut mettre en place notre souhait.”

Le futur entraîneur en chef dijonnais compte beaucoup miser sur l'humain.

DSn : On parle d’une baisse du nombre de pros. Quels moyens vas-tu avoir l’an prochain ?

EJ : “Il y aura moins de professionnels (staff et joueurs) que l’année dernière pour des raisons financières. L’effectif sera composé d’1/3 de pros, d’1/3 de pluri-actifs et d’1/3 de jeunes. La présidence du club et le futur staff allons rencontrer très vite les joueurs pour en parler. Peu importe le statut, il y a des droits et des devoirs : le droit de jouer au Stade et le devoir de le faire avancer !”

DSn : Quel projet de jeu souhaites-tu mettre en place l’an prochain ?

EJ : “Ma philosophie c’est de gagner en produisant du jeu, ou plutôt de produire du jeu pour gagner ! Pour moi, c’est clair net et précis. Mais il ne faut pas se voiler la face, la poule 1 de Fédérale 1 est toujours compliquée… Si on ne fait que jouer pour jouer, ça peut être compliqué face à de gros packs et des équipes bien organisées en défense qui préfèrent jouer les contres. Il faudra produire du jeu et sur certains matchs importants cadenasser les choses et être moins ambitieux dans le but de gagner. Il faudra être fort et plus malin.”

DSn : Après les deux entraîneurs pros (Melville-Sinnott), n’as-tu pas peur que ton retour soit perçu par les gens comme une régression du club ?

EJ : “J’ai déjà reçu des lettres d’insultes et des menaces… (Rires !) Non, plus sérieusement, je n’ai pas l’impression que ce soit une régression. Le club avait fait le choix du professionnalisme avec 2 millions de budget et le recrutement de nombreux pros. Ma logique est plus proche de celle de Tyrosse par exemple, c’est à dire de progresser en gardant nos valeurs, en intégrant des jeunes et en ayant quelques gros joueurs. A cela s’ajoute la contrainte financière… Mais le budget sera en hausse depuis ma dernière saison comme coach en 2010. A l’époque, on avait deux joueurs professionnels. L’an prochain, il devrait y en avoir une bonne dizaine. Donc je n’ai pas la sensation d’un bond en arrière.”

DSn : Qu’est-ce qui t’a motivé à redevenir entraîneur du Stade Dijonnais ?

EJ : “La motivation est toute trouvée ! Ma vie n’a pas changé à Dijon, je me sens Stadiste comme au premier jour. Il n’y a jamais eu de rupture avec le Stade. Si j’ai bien calculé, ça fera ma 16ème licence au club ! J’ai l’âme d’un homme de terrain et non d’un manager. J’ai envie de coacher les gars, d’être au milieu des mecs à l’entraînement. Le challenge était tout trouvé !”

En 2007, Eddy était déjà sur le banc du Stade en compagnie de François Lauriot.

DSn : Le recrutement fait partie de tes prochains grands chantiers…

EJ : “On essaie de se projeter mais il faut respecter le staff qui est en place. En plus, il ne faut pas ignorer la contrainte de la masse salariale qui va baisser. Le meilleur recrutement, c’est d’abord de conserver les meilleurs éléments de son équipe. On a couché un effectif sur le papier pour la saison prochaine qui tient la route. Maintenant, il faut que les joueurs s’engagent. La direction a déjà commencé à rencontrer des joueurs et certains devraient apporter une réponse très prochainement. Il faut très vite stabiliser l’effectif pour limiter la période d’incertitude.”

DSn : Même si c’est encore tôt, quelles sont tes ambitions pour le Stade ?

EJ : “Ça n’a pas été évoqué pour le moment. Le Président a parlé d’un fonctionnement à long terme. Mais je sais très bien qu’un coach est lié aux résultats et non au spectacle produit par son équipe. Si la liste de joueurs qu’on a sur le papier est là en 2012-2013, je pense qu’on peut avoir des ambitions tout à fait légitimes…”

DSn : Dernière question, est-ce que tu vas rétablir les repas des joueurs du vendredi soir au Mirande ?

EJ : “(Rires !) Je pense que sur le terrain, le petit supplément d’âme pour aller gagner des matchs va se chercher dans l’humain. On mettra tout en oeuvre pour qu’il y ait des moments très forts entre nous, au Mirande ou ailleurs !”

1 thought on “Eddy Joliveau, “Stadiste comme au premier jour”

  1. depuis le sud ou je regarde les résultats du le Stade dommage pour cette non qualification (espoir encore ) je crois qu’il y a une ame au Stade mais manque certainement un ou deux grand joueurs
    Amicalement

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