16 janvier 2021

Eric Melville, son bilan du Stade sans concession !

L’entraîneur du Stade Dijonnais, Éric Melville, a coaché pour la dernière fois les rouge et bleu dimanche dernier à Strasbourg avec Lipi Sinnott. Il va maintenant passer le flambeau à Eddy Joliveau, Julien Rolland et Nicolas Bouillet. Avec le franc parler qu’on lui connaît, il dresse un bilan sur son passage et glisse quelques conseils pour le futur. Rencontre avec un sacré personnage qui va manquer au sport dijonnais :

Éric Melville à côté de Pascal Gautheron lors de l'inauguration 2012 du chapiteau au stade Bourillot.

DIJON-SPORTnew.fr : Éric, c’était important de terminer sur une bonne note (victoire à Strasbourg) ?

Éric Melville : “C’est important pour tout le monde, on ne peut pas dire le contraire. C’est important que les joueurs restent sur une victoire parce que le prochain match sera dans plusieurs mois. C’est bien de rester sur une note positive. C’est encourageant, surtout qu’il n’y avait pas d’enjeu à part l’honneur et montrer qu’on avait du caractère. Ils ont fait une grosse partie contre une équipe de Strasbourg qui voulait elle aussi terminer sur une bonne note devant son public.”

DSn : Ces deux victoires à l’extérieur en fin d’année laissent forcément des regrets sur la saison ?

EM : “Oui un peu. Il ne faut pas y penser. Il y a forcément ces deux matchs perdus à domicile qui pèsent lourd. Il nous manque également quelques points de bonus. Avec ça, on aurait été largement qualifiés. Il y a donc des regrets mais il ne fallait pas attendre la fin de saison pour réagir, quand il nous fallait 4 victoires sur les 5 derniers matchs. Il aurait fallu faire mieux le boulot, y compris moi.”

DSn : Cette qualification ne se joue pas à grand chose. L’an dernier vous vous qualifiez grâce à un drop dans les derniers instants et là on vous refuse un essai contre Massy qui coûte cher au final ?

EM : “Oui exactement. Mais bon ce n’est pas que là. Les équipes qui se sont qualifiées ont été plus régulières que nous. Il faut l’accepter. Il faut apprendre que tous les matchs sont importants. C’est comme le ballon ovale, des fois il y a des bons rebonds et des fois il y a des mauvais rebonds… Il faut se battre quand le rebond n’est pas favorable.”

DSn : Quel bilan dressez-vous de ces deux saisons au Stade Dijonnais ?

EM : “J’essaie, que ce soit dans le rugby ou ailleurs, de garder le positif. Je dirais que sur l’ensemble j’ai rencontré des gens intéressants, que ça soit les dirigeants, les joueurs, les supporters… Quand on est dans le rugby, ce qui est important c’est la nature humaine. Il y a eu des très bons moments. J’aurais aimé que les résultats soient meilleurs mais je savais très bien qu’on n’avait pas l’équipe pour évoluer en Pro D2. On a laissé partir Jody Jenneker donc on savait déjà que ce n’était pas notre place. Si on avait été égoïstes, on aurait pu le garder mais le résultat aurait été le même. J’ai découvert une belle région avec un très bon vignoble et de belles tables. Il y a beaucoup de positif ! On est triste de quitter cette belle région mais le meilleur reste à venir !”

Éric Melville aux côtés de Lipi Sinnott.

DSn : Quels vont vos meilleurs et pires souvenirs ici ?

EM : “Je pense que j’étais vraiment très content lorsqu’on a gagné à Bourg-en-Bresse il y a deux ans. Après, il y a bien sûr le match gagné pour les phases finales contre Montluçon l’an dernier, qui était très dur avec beaucoup de monde au stade. C’était un vrai plaisir. Le plus difficile, c’est peut-être de ne pas avoir su fédérer tout le monde. Je n’ai peut-être pas été à la hauteur pour mettre tout le monde dans le bon sens. Je n’ai pas su trouver la formule ni les mots pour qu’on gagne plus de matchs…”

DSn : Qu’en est-il de votre futur ?

EM : “Je vais redescendre à Toulon. J’ai eu quelques contacts avec des clubs que je vais rencontrer dans les semaines qui viennent. J’ai également un projet de monter mon affaire. Je ferai un choix avec ma famille sur ce qui me semble le mieux.”

DSn : Que souhaitez-vous au Stade et que conseillez-vous pour le voir grandir ?

EM : “Je lui souhaite que du bonheur et la place qu’il mérite. Après, par rapport à la Pro D2, je pense qu’il faudrait changer de mentalité. Il manque beaucoup de rigueur sur pas mal de points. Il faut surtout que ce projet soit tiré par tout le monde. Il faut un investissement de tous : joueurs, entraîneurs et dirigeants. Je ne suis pas sûr que tout le monde tire dans le même sens. Ça ne viendra pas en jouant à pile ou face. Pour moi, on est assez loin du compte sur pas mal de secteurs. Ce n’est pas une critique, c’est un constat. Pour les clubs qui mélangent professionnels et pluri-actifs, c’est très compliqué. On a toléré trop de choses. Il manque plus de gens qui connaissent le rugby pour emmener le club dans le bon sens. J’espère que ce n’est pas trop négatif, mais je dis ce que je pense !”

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