15 avril 2021

CDB : bilan et avenir avec le Président Michel Amico

La semaine dernière, le Cercle Dijon Bourgogne a présenté sa société sportive ainsi que les projets pour la saison à venir. L’occasion était donnée de faire le point avec Michel Amico, président de l’association. Ce dernier nous livre ses sentiments sur le développement du club, la situation de l’équipe d’Arvor et la saison à venir en LFH.

DIJON-SPORTnews.fr : Tout d’abord, pouvez-vous revenir sur la saison écoulée qui a été compliquée…

Michel Amico : “Ça n’a pas été évident du premier match au dernier. On a déjà un effectif un peu juste et on n’a vraiment pas été épargné par les blessures. Notre meneur de jeu a été blessée très rapidement (ndlr : Martina Skolkova), donc ça complique forcément les choses. On a assez rapidement compris qu’on serait en play-downs et qu’on serait plutôt au bas des play-downs… Sur le match de Besançon, il y a eu plus de 40 minutes où on ne savait plus où on était et 15 minutes où les filles ont complètement changé la donne. La saison a été difficile, pénible même !”

Michel Amico est à la tête du club depuis 16 ans.

DSn : Vous vous attendiez à jouer ces play-downs et c’est peut-être ce qui vous a sauvé finalement ?

MA : “C’est vrai. On s’est préparé il y a longtemps aux play-downs. Lorsque les filles ont cet objectif, elles ne tombent pas des nues… (il coupe) Franchement on a eu chaud !”

DSn : C’est un championnat à deux vitesse entre les équipes qui jouent les play-offs et celles qui jouent les play-downs ?

MA : “Il faut savoir que les deux dernières équipes qui jouaient les play-downs avaient les deux derniers budgets… Fleury avait le troisième budget ! Si au lieu d’être en play-downs, Fleury est champion de France, il n’y a rien à redire.”

DSn : Quelle est votre regard sur la situation de l’Arvor 29 Pays de Brest (voir notre article) ?

MA : “Je n’en fais pas un combat personnel. C’est surtout le combat de l’honnêteté. Ce n’est pas normal que la malhonnêteté l’emporte. Un club qui récidive dans ce genre d’exercice, c’est forcément avec un esprit malhonnête. Ça pose beaucoup de problèmes. Quand un club comme l’Arvor laisse à penser qu’une joueuse peut gagner 4000€ au lieu de 2000€, que fait-elle ? Elle y va. Et au bout de 6 mois, elle s’aperçoit qu’elle n’est pas payée. Ça fausse un championnat. Les joueuses de l’équipe de France sont en grande partie là-bas. Comment vont-elles se préparer psychologiquement pour les JO ? Elles n’ont plus de club. Je me pose des questions et la fédération doit se poser les mêmes. Surtout, les 4 ou 5 meilleures vont partir à l’étranger. Donc on appauvrit le championnat français, voilà ce qu’on gagne…”

Le Président Michel Amico (à gauche), ici en compagnie de Karine Savina (au centre), Présidente de la société sportive et de Véronique Pecqueux-Rolland.

DSn : De son côté, le CDB se professionnalise mais en gardant des bases saines ?

MA : “Oui. Tu roulais à 90km/h et là tu vas rouler à 130km/h. Si tu n’as pas la bonne voiture, ça ne se passera pas bien ! Donc si tu arrives en société avec des casseroles et un mauvais état d’esprit, le risque est énorme. On ne peut pas vivre l’un sans l’autre. On va être le deuxième club dans cette situation. Le premier, il faut le dire, il s’est un peu gaufré, c’est Fleury-les-Aubrais. Je prétends qu’on a suffisamment d’exemples de clubs qui se sont plantés. Ils se sont tous plantés de la même manière.”

DSn : Quel sera le rôle de chacun ?

MA : “Il sera le même avec deux embarcations sensiblement différentes. L’association va gérer tout le circuit amateur et la société va gérer tout ce qui touche à l’argent, c’est-à-dire les joueuses, les rentrées, la formation, l’actionnariat…”

DSn : Quelle évolution cela va apporter au budget ?

MA : “La première étape, on la connaît : on va obtenir rapidement 150 000€. On devrait arriver à 1M€. Pour être compétitif, pour s’attaquer au premier tiers du championnat, il faut qu’on soit aux environs d’1,3M€. On a du temps pour y arriver mais avec un tel budget, on peut s’installer régulièrement en coupe d’Europe.”

DSn : Vous souhaitez encore recruter une joueuse ?

MA : “On a le choix d’en recruter une maintenant en prenant un risque ou d’attendre la fin d’année (décembre) parce qu’il y aura des mouvements. Il y a des clubs qui pensaient atteindre la coupe d’Europe qui vont délester. On a fait le choix de faire le championnat comme ça jusqu’à la fin d’année. On verra alors si on a besoin. Si on sait qu’on peut finir la saison plutôt correctement, il n’y a pas de raison d’aller chercher des dépenses supplémentaires.”

Le président, aux côtés de Véronique Pecqueux-Rolland lors de la présentation de la société sportive.

DSn : Au niveau du staff, ça ne changera pas ?

MA : “Pour le moment, on n’a pas d’information particulière qui nous incite à changer.”

DSn : Ludivine Jacquinot prolonge. C’est une bonne nouvelle ?

MA : “Elle a beaucoup d’expérience. C’est aussi quelqu’un qui apporte une plus-value dans les vestiaires. J’ai une anecdote à son sujet : le premier entraînement qu’elle a fait, il y a deux jeunes joueuses qui sont venues la voir en lui demandant si elles avaient fait ce qu’il fallait lors de la séance. Ludivine leur a dit : ‘Non. Est-ce que je vous ai donné des coups ? Pourquoi vous ne m’en avez pas donné ? Vous ne donnez pas de coups à l’entraînement, alors vous n’en donnerez pas en match ! Par contre vous en prendrez !’ Voilà l’état d’esprit qui a changé. Il faut avoir de la crédibilité lorsqu’on dit ça !”

DSn : Pour le championnat 2012-2013, il y aura 8, 9 ou 10 équipes ?

MA : “Je pense qu’on sera 10. C’est déjà assez compliqué un championnat à 10. Ça ne fait que 9 matchs à domicile plus les play-offs ou play-downs. Il faut donner satisfaction aux spectateurs. On sait que les règles européennes du hand féminin obligent à des trous énormes d’un mois voire plus. Donc il faut recréer la dynamique. Si en plus on devait réduire le nombre de clubs, il y aurait moins de matchs à domicile, ça deviendrait une catastrophe. Je pense que le handball retrouvera une vitesse de croisière lorsque nous aurons le culot d’être 12 voire 14 équipes…”

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