24 novembre 2020

Bilan, recrutement, projet : les vérités de Samuel Riscagli (1/2)

Après une saison plutôt réussie, le DFCO Féminin a conclu le championnat à la cinquième place et réalisé quelques belles performances. L’entraîneur du DFCO, Samuel Riscagli se livre sur DIJON-SPORTnews et dresse le bilan de cette saison. Il en profite également pour évoquer le projet du club et l’envie de monter en première division. 

 

Samuel Riscagli ambitionne de monter en première division. Crédit : Nicolas Goisque
Samuel Riscagli ambitionne de monter en première division. (Crédit : Nicolas Goisque)

DIJON-SPORTnews.fr : Quel bilan fais-tu de cette saison ?

Samuel Riscagli : J’ai un peu de déception. Même si sur une saison, il y a une logique, on est à notre place, je pense qu’on aurait pu faire mieux et monter sur la troisième marche. Je pense que l’on avait les capacités pour rivaliser avec des équipes comme Nancy ou Vendenheim. Mais on a commis trop d’erreurs contre des formations plus modestes, car on a été défaillant sur le plan mental en pensant que ça allait être plus facile à jouer. C’est des équipes contre lesquelles on a très bien joué, mais on n’a pas été assez efficace, à cause d’un manque de concentration. À chaque fois, on avait le contrôle du ballon et une meilleure maîtrise collective. Ce qui est frustrant c’est qu’hormis Saint-Maur, on a battu tous les gros. On se dit que c’est le moment de faire venir de nouvelles joueuses avec une autre expérience et qui seront capables de rester concentrées pour gagner et prétendre à autre chose.

DSn : En milieu de saison vous êtes sur une série de quatre victoires consécutives et vous vous relancez dans la course à la quatrième place. Est-ce à partir de la défaite à Compiègne que le groupe lâche mentalement ?

SR : Je pense qu’inconsciemment, les filles ont lâché car on a été maintenus relativement tôt dans la saison. L’accession était cuite et je pensais vraiment qu’on pouvait faire 5 victoires sur 5 et finalement, on ne l’a pas fait et on perd contre les deux derniers. À Compiègne, on prend 3-0 et on fait un non-match. Sûrement l’un des pires matchs de la saison. De plus, le championnat de D2 n’est pas très cohérent dans le sens ou par moments, on ne joue pas pendant trois semaines. C’est difficile d’entretenir une dynamique, qu’elle soit positive ou négative. Quand elle est négative, c’est compliqué de l’inverser, et pareil quand elle est positive il est presque impossible de surfer dessus. Et venir à l’entraînement la semaine, alors qu’il n’y a pas d’objectif sportif le week-end, c’est difficile de rester concentré.

De nombreuses nouvelles têtes vont débarquer à Dijon. Crédit : Nicolas Goisque
De nombreuses nouvelles têtes vont débarquer à Dijon. (Crédit : Nicolas Goisque)

DSn : Un projet est en train de se mettre en place, quel sera l’objectif  ? La montée ?

SR : On va tout faire pour monter sur le podium ! L’année prochaine, c’est aussi l’année de la réforme. À l’issue de la saison à venir, on passera de trois à deux groupes de D2. Ce qui signifie que les six dernièrs la saison prochaine vont descendre. Donc il était déjà important pour nous de se renforcer. Cette année, on finit cinquièmes mais si on finit sixièmes, on descend. Donc ça reste encore fragile. La première chose, c’était d’avoir la garantie de ne pas descendre en recrutant des joueuses de qualité pour viser le podium. Après pour la montée, tout dépendra des clubs de D1 qui descendent et qui seront dans notre poule. Mais aussi des autres équipes qui vont se renforcer ou pas parce que nous avons fait un mercato cohérent, mais nous ne sommes pas les seuls. Toutes les nouvelles recrues doivent nous apporter une plus-value, pour autant est-ce qu’elles vont s’adapter à Dijon ? Est-ce qu’on va trouver la bonne carburation pour les intégrer ? Est-ce qu’elles vont s’adapter au style de jeu ? On aura la réponse à la fin de la saison, mais on va tout faire pour que ça marche.

DSn : La première recrue que vous avez signé c’est la jeune Camille Seret…

SR : Camille Seret est une jeune joueuse de 17 ans et un grand espoir du football français. C’est une joueuse qui était convoitée par beaucoup de clubs de première division, mais elle a décidé de rejoindre Dijon. On envoie un message fort à tous les autres clubs. On leur prouve qu’on a un projet socio-éducatif ou socio-professionnel qui est capable d’attirer des joueuses.

DSn : Vous avez également enregistré les arrivées d’Adeline Rousseau et d’Alexia Trévisan…

SR : Adeline Rousseau est une référence en D1. C’est une défenseure très solide et très expérimentée. Il y a aussi Alexia Trévisan qui connaît la D1 et qui a joué à Albi cette saison. Elles viennent renforcer notre secteur défensif dans lequel nous sommes défaillants. On a un ratio de 2,2 buts marqués par match contre 1,9 encaissés. Ce n’est pas un ratio qui permet d’être performant et de prétendre à autre chose. Ce nouveau duo dans l’axe central devrait nous apporter de l’expérience, de la solidité et de la sérénité. Je pense que maintenant ce sera plus difficile de nous bouger. En défense, on espère aussi recruter une nouvelle arrière latérale.

Outre les arrivées, le DFCO devrait connaître une vague de départs. Crédit : Nicolas Goisque
Outre les arrivées, le DFCO devrait connaître une vague de départs. Crédit : Nicolas Goisque

DSn : Et dans le secteur offensif ?

SR : Ludivine Bultel a signé chez nous. C’est une milieu offensive / attaquante qui a fait les équipes de France jeunes et qui est internationale militaire. Après d’autres joueuses offensives de qualité et d’expérience vont nous rejoindre. On sera donc plutôt cohérents l’année prochaine, à la fois défensivement et offensivement.

DSn : Il y a des arrivées, et au niveau des départs ?

SR : Il y aura un certain nombre de départs comme on supprime l’équipe de DH parce qu’on met en place une équipe U19 nationale. Cette saison, en D2 on avait une moyenne d’âge de 20 ½ ans, je ne voyais pas l’intérêt d’avoir une équipe de DH. En revanche, pour notre formation, c’est intéressant d’avoir une équipe U19 nationale, ce sera la première en Bourgogne-Franche-Comté donc ce n’est pas neutre. Il y aura aussi l’ouverture de la section sportive au lycée, les filles dans ces classes seront ensemble en cours et à l’entraînement, ce qui va permettre de bien former cette équipe U19. On a un vrai projet socio-éducatif et c’est pour ça qu’on supprime cette équipe de DH. Il y a aussi des joueuses en U18 qui évoluent en ligue et qui ne correspondent pas aux critères d’U19 nationale. Au niveau de la formation c’est cohérent et ça permet d’intégrer plus facilement des filles à la D2.

La suite au prochain numéro….

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