28 novembre 2020

CDB : Bilan et perspectives avec Christophe Maréchal (2ème partie)

Le Cercle Dijon Bourgogne a obtenu son maintien en élite lors de la dernière journée des play-downs. L’avenir du club se jouera la semaine prochaine devant la CNCG. DIJON-SPORTnews a rencontré Christophe Maréchal, le coach dijonnais, il y a une dizaine de jours après l’assemblée générale du club. Il revient pour nous sur ce dernier match à Mios, la saison écoulée et sur celle à venir. (Deuxième partie.)

 

Christophe, votre équipe n’a jamais rien lâché, avec des petits moyens elle a tenu la baraque toute la saison ?

Christophe Avec Léa Terzi capitaine du CDB (©Nicolas GOISQUE/archives)
Christophe avec Léa Terzi, capitaine du CDB (©Nicolas GOISQUE/archives)

C’est ce qui nous permet de nous maintenir par rapport à des équipes plus fortes que nous sur le papier. C’est visible sur le plan défensif, on finit la saison régulière avec la 6ème ou 7ème défense. Par contre on a la pire attaque, ça c’est la valeur des joueuses. Cette valeur défensive, nous le staff technique on y tient énormément. C’était déjà une valeur du CDB avant que j’arrive avec des joueuses comme Ludivine Jacquinot ou Céline Murigneux, qui avaient ces valeurs-là. On ne lâche rien, on dresse le rempart et venez nous attaquer, on sait résister. On a essayé de garder ça ; Léa Terzi a cet esprit-là, la petite Prouvensier aussi de temps en temps, mais d’autres joueuses ne sont pas des grandes défenseures et il a fallu faire ce travail-là. Ce n’est pas que de l’entrainement, mais d’abord un état d’esprit. On a bossé sur vidéo ; j’ai responsabilisé Joanna Lathoud qui a l’état d’esprit, est intelligente en défense, sait se positionner et qui a une grosse marge de progression. On organise cette défense autour de Joanna et d’Anna quand elle était présente avant sa blessure et aussi Zulémaro. Cela nous a permis de résister, de gagner quelques matchs ; pas suffisamment pour finir 7èmes ou même 6èmes. On a 4 victoires et 2 nuls sur la phase régulière, j’en aurai aimé 6. Cela permettrait d’envisager la saison suivante différemment tant sur les plans recrutement que financiers. Ce sera l’objectif de la saison prochaine ; gagner en maturité et grappiller des victoires pour en atteindre 6 ou 8 minimum pour avoir une fin de saison plus cool.

 

Vous souhaitiez vous appuyer cette saison sur la génération 93-94, on a vu effectivement plusieurs joueuses progresser spectaculairement cette année. Tu t’appuieras encore sur ce groupe l’an prochain, il faudra surtout gagner en régularité ?

avec Anthony Favier entraîneur adjoint et responsable du centre de formation  (©Nicolas GOISQUE/archives)
Avec Anthony Favier entraîneur adjoint et responsable du centre de formation (©Nicolas GOISQUE/archives)

Oui, c’est ce qu’on n’a pas eu sur les play-downs. Il faudrait notamment sur notre base arrière qu’on ait des joueuses qui soient bonnes en même temps et de façon régulière. Les anciennes, je veux parler de Martina et Dijana, se sont malheureusement mises au niveau des autres sur le plan de l’angoisse. On a vu des matchs où elles n’ont pas joué du tout à leur niveau parce que le stress était là et c’était pratiquement pire que les petites jeunes. J’espère que ce play-down nous aura servi pour dégager plus de sérénité à l’avenir et avoir une grande régularité avec 4 joueuses de la base arrière qui jouent à leur meilleur niveau, ce sera un des axes de travail de la préparation.

 

Un seul changement dans l’effectif avec le départ de Kelya Zulémaro, un choix de votre part et l’arrivée de l’internationale slovaque Dominika HORNAKOVA ; le but était-il d’avoir un pivot capable de plus fixer les défenses adverses pour ouvrir des espaces aux arrières justement ?

(©Nicolas GOISQUE/archives)
(©Nicolas GOISQUE/archives)

On espère effectivement amener plus de danger au cœur des défenses adverses, on a choisi Dominika pour ce rôle-là. Les images sur vidéo sont intéressantes et j’espère qu’elles seront confirmées en début de saison, car quand on choisit une joueuse qui ne fait pas partie du top niveau européen, ne coûte pas trop cher et qui n’est  pour le moment pas très reconnue, c’est un pari. On dit toujours qu’il faut recruter malin. J’espère ne pas me tromper. Dans 6 mois tu me diras, vous avez eu le nez creux ou bien mais c’est quoi ce pivot !! Elle a 24 ans, un âge où tu peux encore progresser, elle est internationale slovaque et c’est intéressant qu’elle fasse des matchs avec son équipe nationale, ce qui la fait forcément progresser. Il va falloir réapprendre à jouer avec le pivot. J’espère d’une part que Hornakova va nous apporter ce point de fixation, qu’Eloïse Dewez passe également un cap et que la petite Lahcene qui vient de Poitiers complète bien ce groupe de trois pivots de « métier », même si ce sont de très jeunes joueuses.

 

Le niveau de la LFH augmente d’année en année, on a vu une finale de championnat de haut niveau entre Fleury et Issy ; l’effectif du CDB reste quasiment inchangé, quels seront les objectifs de la saison à venir ?

Une petite remarque, Fleury est passé d’un million deux à deux millions deux de budget, le CDB de 1 million à un million. Cela fait 5 ans que l’on est au même niveau. Si l’on reste à ce niveau on est condamné à l’exploit tous les ans et à long terme on descendra. Brest en deuxième division est à un million huit. Nantes est monté l’an dernier avec un million quatre et passe à un million six. Tu ne peux pas faire des exploits ou un recrutement malin tous les ans. Seul Besançon a un budget identique au notre. Il y a des endroits où cela augmente et dans des villes pas forcément plus petites que Dijon. Si on reste à ce niveau on sera en D2 dans les 4 -5 ans qui viennent. Je suis conscient qu’on ne peut pas compter que sur les collectivités, mais j’aimerais qu’elles équilibrent un peu plus par rapport aux garçons ; il y a une différence marquée qui n’existe pas dans d’autres villes.  Et puis c’est au club de trouver d’autres ressources, on continue à avancer au niveau des recettes de billetterie. Vincent Fournier fait du bon boulot et tous les ans on grappille un peu. Au handball tu peux faire rentrer des gens à 5 euros, mais aussi d’autres à 200-300 euros avec des prestations différentes.

(©Nicolas GOISQUE/archives)
(©Nicolas GOISQUE/archives)

Julie Bellot est arrivée, cela se met en place, on est en train de se professionnaliser. J’espère et j’ai re-signé pour cela parce qu’on m’a dit qu’on en était capables de passer à un million trois. Cela passera par du privé et des moyens autres de ventes de prestations. C’est comme cela dans les autres sports pros, le handball féminin est en retard à ce niveau-là.

Christophe Maréchal encore pour un moment à Dijon ; un projet qui vous plait ?

Un projet qui me plait oui. J’ai signé pour deux ans je suis là jusqu’en 2018 au minimum pour l’instant.

 

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