25 septembre 2020

Rugby : le Stade Dijonnais frôle la correctionnelle face à Suresnes

De retour sur les pelouses après 3 semaines de coupure, le Stade Dijonnais recevait ce dimanche à Bourillot son poursuivant immédiat Suresnes. Manquant de réalisme en première mi-temps, les Dijonnais ont été bousculés durant toute la seconde période et n’ont évité la défaite qu’à la dernière seconde sur un éclair de l’ailier sud africain Harlon Klaasen (17-17).

Ouf

On joue la 80ème minute et Suresnes qui a outrageusement dominé la seconde mi-temps mène logiquement 17-10, suite à un drop dans un fauteuil de son arrière Matthew Ford faisant suite à un essai de son troisième ligne centre Abdelkarim Fofana ayant fait parler sa puissance en emmenant l’ovale et une bonne partie de la défense dijonnaise derrière la ligne peu après l’heure de jeu. On ne voit alors absolument pas comment les joueurs des Hauts de Seine pourraient laisser échapper la victoire, tant ils ont mis la main sur le ballon, enchaînant au près, dans le petit périmètre, conservant le cuir bien au chaud couvé par des avants dominateurs. Et puis un improbable turnover, le ballon gicle rapidement et est écarté pour échouer à l’ailier Harlon Klaasen. Une chevauchée fantastique de 60 mètres, deux cadrages d’école au passage laissant les défenseurs adverses “sur le cul” et un plongeon salvateur entre les perches, permettant, après la transformation de Ric Lombard, d’arracher 2 points in extremis, de maintenir Suresnes à 12 points au classement et de poursuivre la série d’invincibilité à domicile (20 matchs). Un ouf de soulagement qui ne peut masquer la contre performance qui ne manquera évidemment pas d’être décortiquée, analysée, discutée etc… par staff et joueurs durant la semaine avant un déplacement là aussi périlleux du côté de Chambéry dimanche prochain.

Cette dernière action de Klaasen permet au Stade d’éviter la défaite © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Le Stade laisse des points en route

Revenons 1h30 plus tôt. Dans un Bourillot ensoleillé et balayé par un vent fort et froid, les travées bien garnies du stade rendent un dernier Hommage à leur ex capitaine René Amiot, récemment disparu. Un beau moment d’émotion, en compagnie de la famille, des ex coéquipiers de René et de nombreux soutiens du club. Le président Verney a quelques mots pour souligne les valeurs que portaient René et que le Stade veut conserver en héritage. Passé l’émotion, le coup de sifflet initial de l’arbitre libérait des Dijonnais commençant plutôt correctement. Avec l’appui du vent Suresnes choisissait de renvoyer à grand coup de pied les Dijonnais chez eux; les locaux remontaient alors plutôt bien les ballons, parvenant à percer à plusieurs reprises le rideau défensif adverse. Bastien Bérenguel vient ainsi à point nommé à la conclusion de plusieurs temps de jeu intéressants pour déflorer la marque (5-0, 18′), le vent n’aidant pas Ric Lombard qui ne transforme pas. Dans la foulées, les Stadistes enchaînent les mouvements, mais si les actions sont souvent bien amorcées, elles n’aboutissent pas, faute de justesse dans la finition (dernière passe évidente non effectuée, imprécisions techniques….). Le Stade laisse clairement passer là plusieurs belles opportunités et la possibilité de faire le trou. Qu’aurait-il alors advenu ? Nul ne sait évidemment. Toujours est -il qu’il suffit d’un placage raté de Jone Seuvou, pour que le deuxième ligne adverse perce sur 25 mètres, fixe un second défenseur et n’envoie le troisième ligne aile Arthur Falcon de Longevialle refroidir les ardeurs locales (5-7, 31′). Petit hold-up quand même sur ce premier acte ! Harlon Klaasen, déjà lui, se chargera cependant juste avant les citrons, bien décalé sur son aile par la famille 3/4, de redonner un avantage aussi maigre que mérité aux Dijonnais à la vue de ces 40 premières minutes (10-7, 40′), Ric Lombard manquant là encore la transformation.

Bastien Berenguel avait ouvert la marque pour Dijon © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Suresnes prend les choses en main

On pense alors que le Stade, forcément recadré sur ses insuffisances durant la pause, va pouvoir mieux mettre la main sur le match avec l’appui du vent. On se trompe lourdement. Dès la reprise le pack visiteur pose sa main sur la rencontre mettant au supplice son vis à vis. Dominateurs en conquête, les avants suresnois enchaînent les cocottes et la marche en avant mettant au supplice leurs vis à vis à l’image de ce groupé pénétrant avançant sur 40 bons mètres. Les fautes s’accumulent contre Dijon. Face au vent Suresnes choisit logiquement les pénaltouche d’autant plus que les visiteurs bonifient parfaitement les ballons récoltés par leur alignement. ce qui devait arriver, arriva. Fofana, impressionnant de puissance comme décrit précédemment sort l’ovale de ses pieds en fond de mêlée pour tout emmener sur son passage et inscrire le second essai visiteur, plus que mérité à cet instant du match (14-10, 63′). Dijon ne parvient plus, ne serait ce qu’à voir le ballon, confisqué par l’adversaire qui fait parler la puissance de ses piliers pour avancer dans l’axe et profiter des fautes bourguignonnes. C’est ainsi que le pack des Haut de Seine fixe un énième fois son vis à vis et offre un ballon très propre à Ford qui ajuste imparablement le drop (17-10,72′). La suite on vous l’a racontée. Dijon s’en sort bien, même s’il avait évidemment espéré tout autre chose. Autre chose c’est ce qu’il faudra montrer dimanche s’il veut s’éviter une désillusion en Savoie.

Dominateurs en seconde période, les Suresnois prennent logiquement l’avantage sur cet essai de Fofana © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

1 thought on “Rugby : le Stade Dijonnais frôle la correctionnelle face à Suresnes

  1. Le résumé est d’une parfaite justesse et identique au miens sur mon forum sur rugby fédéral.
    Et je rajouterai 2 petite choses…
    1 – la compo…notamment devant qui ne m’est pas apparut comme étant le meilleur paquet pour affronter Suresnes moi je voyais plutôt 1 * BECASSEAU 2 – MARIJON 3 – TCHAPNGA 4 – ALARCON 5 – DESBORDES
    6 – LEBIAN 7 – GREGOIRE ET 8 MAJEAU.
    Mais j’ai entendu dire qu’il y avait des blessés on va dire de dernière minutes…
    Bref cela n’explique pas ce que je trouve anormale à ce niveau, la gestion du match. En effet rien à redire sur la 1ére mi-temps contre le vent mais alors la 2éme…catastrophique dans la gestion, pas de coup de pied en profondeur pour les renvoyer loin dans leur camps et les faire courir, les fatiguer.
    aucunes chandelle aux abords de leur 22 pour les mettre sous pression et leur faire commettre des fautes
    Alors oui, ils ont monopolisé le ballon devant mais jamais on a envoyé du jeu au large comme en 1ére mi-temps car c’était bien là leur point faible… La preuve la dernière action qui mène à l’essai a était la seule construite simplement et rapidement alors pourquoi ne pas l’avoir fait avant…
    Les conditions climatiques sont les même pour les 2 équipes et nos adversaires ne sont pas tous les même le propre d’une équipe performante est d’imposer son jeu mais aussi de s’adapter à l’adversaire .

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