25 novembre 2020

Ces 14,15 et 16 février 2020…

A l’occasion de la Leaders Cup 2020, la JDA Dijon s’est offert une formidable vitrine tout en garnissant la sienne, 14 ans après son dernier trophée. Trois jours de rêve, trois matchs très différents, mais un seul constat: la Jeanne a épaté tout le monde pendant 3 jours et mérité son trophée. Retour sur cette compétition et le triomphe des hommes de Laurent Legname en finale.

Sur le tournoi, Axel Julien et surtout Rasheed Sulaimon, MVP, ont été grands © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

La JDA abordait cette Leaders Cup avec de la confiance. Confiance gagnée par une première partie de saison quasi-parfaite, ponctuée d’une place de co-leader du championnat, d’une qualification en BCL et en Coupe de France. Malgré tout, au moment d’attaquer cette compétition, c’est un autre film qui va se tourner, tous les compteurs sont remis à zéro et les résultats passés ne peuvent totalement présager de la suite. Raison pour laquelle la JDA se méfiait de son premier match face à Bourg dont il avait triomphé par deux fois plus tôt dans la saison. Une méfiance et du sérieux pour ce premier match qui a vu la Jeanne développer un basket de rêve, une énorme adresse de loin comme à l’intérieur et des joueurs qui se sont trouvés les yeux fermés. Une maitrise totale en guise d’apéro avant les choses très sérieuses le lendemain face à Monaco. Un match remporté à 0,6s de la fin et qui restera dans les mémoires, de la JDA bien entendu, mais de l’ensemble du basket français de par sa qualité et son scénario. Il se passe définitivement quelque chose à Marne-La-Vallée. A la sortie de la Disneyland Arena, on peut entendre ça et là, plusieurs spectateurs “neutres”, être admiratifs du jeu développé par la JDA. Certains allant même jusqu’à affirmer que la JDA est au-dessus de l’ASVEL sur ce qu’ils ont pu voir depuis le début. En ce samedi 15 février au soir, la JDA a frappé un grand coup et envoyé du rêve.

Car ce groupe est avant tout une bande de potes…© Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Mais au moment d’affronter l’ASVEL, on peut se demander si la magie va continuer d’opérer. Car affronter l’ogre ASVEL, c’est faire face à un roster beaucoup plus grand et des budgets et masses salariales deux fois plus importants que ceux de la JDA. Une équipe de l’ASVEL qui n’a plus que ce trophée à jouer en plus du championnat et qui va évoluer sous les yeux d’un certain Tony Parker bien installé en bord de terrain. Mais à l’image de la tempête qui sévit alors sur la région parisienne, faisant trembler la structure de l’Arena, les hommes de Legname vont arriver avec la volonté de tout emporter sur leurs passages. Concentrés mais pas tétanisés par l’évènement comme en témoigne le sourire arboré par Laurent Legname qui prend le temps de saluer ses proches en tribunes lors de la finale Pro B. Ils vont ainsi continuer sur leur lancée de la veille, comme si de rien n’était pour rapidement mener 12-3. Si les débats vont (assez logiquement) s’équilibrer par la suite, le début de rencontre est à l’image de cette équipe durant le tournoi: elle joue, ne se pose pas de questions et ne doute jamais. Pas même quand l’ASVEL passe devant au score, pas même quand elle est systématiquement sanctionnée par le corp arbitral. Cette équipe fait bloc car elle est habitée par la volonté de vaincre et affiche une formidable solidarité tout en comptant sur ses individualités. A 3 minutes de la fin du match, ce sont bien les favoris, les villeurbannais qui sont devant après deux lancers de Taylor. Menée 64-62, la JDA va endosser le costume de grande équipe, portée par un exceptionnel David Holston. La tension est au maximum dans les tribunes. Les supporters de la Jeanne sont partagés entre un fol espoir de victoire et un début d’interrogation. Mais Sulaimon, qui avait fait air-ball sur son action précédente va mettre un énorme panier pour égaliser. Puis le génial lutin dijonnais, David Holston, qui s’était montré peu adroit va prendre le match à son compte. Premier acte à 2’20 de la fin sur un énorme 3 points sur la tête d’Amine Noua. L’Arena explose! Une première fois…L’ASVEL revient à une longueur encore sur lancers francs. Mais Holston ne veut pas l’entendre ainsi. Non cette finale il ne la verra pas s’envoler. Holston acte 2: peu importe la bonne défense villeurbannaise, il prend Kahudi en un contre un pour poser un second 3 points de suite! C’est tout simplement incroyable! Il fait 50° dans l’Arena. A 1’30 de la fin, on n’ose encore y croire totalement. + 4 points. D’autant que l’ASVEL revient encore.

Clutch sur la finale, David Holston a fait preuve de tout son talent et d’un exceptionnel sang froid © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Mais Holston n’est pas simplement un exceptionnel shooter. Il a un vrai QI Basket et sur la 3ème possession, il va faire croire à tout le monde qu’il va prendre un nouveau 3 points pour finalement envoyer Chassang au panier trouvé seul dans la raquette. Un Chassang dont le mouvement pour se démarquer est également magnifique. Dans la foulée, Taylor rate un de ses deux lancers. Mais la JDA va rater sa remise en jeu pour donner une possession inespérée à l’ASVEL. Symbole de cette équipe dijonnaise, la défense, la hargne vont faire déjouer Villeurbanne. Ainsi, Axel Julien, excellent sur la compétition va récupérer le ballon pour envoyer Sulaimon aux lancers. Le temps mort de Mitrovic ne changera rien. A 6′ de la fin, les joueurs, le staff, les supporters le savent, c’est terminé. Instant magique que de célébrer un succès tout en savourant les derniers lancers francs de Sulaimon. Laurent Legname, Jean-Louis Borg et tout le banc dijonnais peut exulter. Les supporters de l’ASVEL quittent la salle sous les yeux de ceux de Dijon qui peinaient à réaliser que son équipe venait de battre la meilleure équipe de France et remporter au passage un 4ème trophée et le premier depuis 14 ans. Quoi de plus beau pour les 140 ans du club?

Cette Leaders Cup 2020 restera à jamais gravée dans les mémoires. Celle du basket français et surtout de tous les supporters de la JDA. Ces 14, 15 et 16 février 2020, la JDA a prouvé que tout ne se résumait à des questions de budget. Ces 14, 15 et 16 février 2020, elle nous a fait rêver en érigeant les valeurs de solidarité, d’efforts, de persévérance au-dessus de tout. Ces 14, 15 et 16 février 2020, elle a démontré la force du collectif, bien plus fort qu’une somme d’individualités. Ces 14, 15 et 16 février 2020, cette JDA a toujours cru en elle et s’est mis en position de relever tous les défis. Ces 14, 15 et 16 février 2020, ce “modeste” club, a démontré la maturité des plus grands. Ces 14, 15 et 16 février 2020, elle a forcé le respect de tous, s’est affirmée comme une vraie place forte du basket et a prouvé que dans le sport tout est toujours possible. Et cela vaut bien plus que tous les trophées.

2 thoughts on “Ces 14,15 et 16 février 2020…

  1. bravo pour vos commentaires christophe Gavignet.Tout y est l’analyse,le style,l’enthousiasme……
    Notre merveilleuse JDA mérite bien tout ça,que du bonheur…..merci

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. Ça fait plaisir. Très heureux que vous appréciez mes articles. À très bientôt via l’écran ;)

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