23 avril 2021

Basket : La Jada s’impose à l’Astroballe : Le Gang des Dijonnais

© Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Le 09 mars restera, quoiqu’il arrive une date marquante de la saison. Ce 09 mars, la JDA ne s’est pas seulement imposée sur le parquet de l’ogre ASVEL. Elle a déroulé un basket quasi parfait et un jeu de très haut niveau. Ce n’est pas l’ASVEL qui a déjoué, mais bien la Jeanne qui la battue. Un fantastique succès qui conforte à court terme sa 2nde place du championnat.

Bien entendu, nous pouvions croire à un succès de la JDA. Bien entendu elle l’avait déjà fait. Mais comment ne pas s’interroger au moment du coup d’envoi alors que l’ASVEL avait récemment aligné d’énormes succès en Euroleague. Au moment du coup d’envoi, nous sommes partagés entre appréhension et confiance. Mais une chose domine: l’envie de voir ce que cette Jeanne pouvait réaliser face à une telle armada désormais rodée. Si l’ASVEL va ouvrir les hostilités, la réaction immédiate des hommes de Legname, puis le mano à mano qui va s’installer vont clairement rassurer. La JDA est dans le coup et a les moyens de rivaliser. Mieux, elle prend les commandes dès la fin du premier quart temps sur un lay-up de David Holston au buzzer qui sera finalement annonciateur de la fin de match. Les hommes de Legname, privés de Loum, jouent vite, jouent juste et jouent tout simplement ensemble pour accoucher d’actions de grandes classes. Si en face l’ASVEL montre aussi du très beau jeu par séquences, ce sont bien Axel et les siens qui vont rentrer aux vestiaires avec 4 point d’avance (38-34). Une première victoire et jusque là, le copier/collé avec la finale de la Leaders Cup est saisissant. L’enjeu sera alors de ne pas craquer dans le 3ème quart temps.

Hans Vanwijn a largement contribué à déstabiliser la défense villeurbannaise © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

La Jeanne sera plus en difficultés, perdant ce 3ème acte 22 à 18, mais ne va rien lâcher. La marque de fabrique du groupe qu’elle va encore estampiller sur cette rencontre. Au courage, elle continue de tenir tête après 30 minutes et se donne déjà le droit de pouvoir encore y croire à l’aube du dernier quart. Un dernier quart durant lequel l’ASVEL va passer devant à plusieurs reprises. Mais décidemment, la confiance, l’insouciance peut être aussi est dijonnaise comme en témoigne ce «catch&shoot» de Julien à 3 points sur une remise en jeu et tout juste de retour sur le parquet. Une attaque qui continue d’être productive et une défense exemplaire alors que pendant plusieurs minutes, Alingué et Chassang ont joué avec 4 fautes au compteur. Il ne fallait pas craquer tout en continuant de défendre. A 4 minutes du terme et après un nouveau 3 points de Julien, la JDA prend 5 longueurs d’avance. Mais l’ASVEL et Cole notamment, reviennent à chaque fois que la JDA commence à se détacher. La tension monte et chaque seconde ressemble à une minute. Alors que la Jeanne mène de 2 petits points à 2 minutes de la fin (74-76) un duel de «durs» s’installe entre Holston et Cole, qui se rendent coup pour coup. A un peu plus d’une minute de la fin, le Villeurbannais permet encore à son équipe de revenir à 2 unités (76-78). Moment choisi par Julien pour pénétrer, provoquer intelligemment la faute de Fall et aller chercher un «and one»! Oui Monsieur! La bascule définitive est en train de se faire, d’autant que la JDA réalise un stop dans la foulée. Sur l’action qui suit, Julien, à raison, mange le chrono avant d’envoyer une passe imprécise à Holston. Mais une passe qui va accoucher de l’action du match. Le génial lutin dijonnais, s’envole et capte le ballon avant de shooter sur un pied et… de marquer à 3 points! Oui, il peut tirer la langue tant l’issue est fantastique! Rideau! Quel match, quelle équipe! Après Disney et le Palais, les hommes de Legname réalisent l’exploit de prendre l’Astroballe!

Chaque Dijonnais a apporté sa pierre à l’édifice © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Analyse, raisons du succès dijonnais:

  • Un secteur intérieur dompté: on l’avait annoncé clé et la JDA a gagné cette bataille. En particulier, les dijonnais ont su limiter Fall. Le géant de l’ASVEL, n’a pris que 3 tirs, termine avec 9 points et a été complètement éteint dans les 10 dernières minutes où il n’aura pas mis le moindre point et n’aura pas pris le moindre rebond! A l’inverse, Alingué et Vanwijn ont régulièrement marché sur la raquette Villeurbannaise.
  • La défense: En lien avec le point précédent, la défense dijonnaise a été très bonne comme en témoigne les 11 interceptions et les 15 balles perdues de l’ASVEL. La trappe a régulièrement bien fonctionné. Une défense qui a le plus souvent craqué sur des très gros shoots de Cole en particulier.
  • Le jeu collectif: Avec 20 passes décisives, la Jeanne a fait parler son jeu collectif et s’est très souvent mise dans des positions de shoot idéales. Elle termine ainsi à plus de 63% de réussite à 2 points contre 56% à l’ASVEL qui a davantage forcé ses tirs qui n’aura fait que 14 passes décisives.
  • Alternance de jeu/relation intérieurs-extérieurs: La JDA a su déstabiliser la défense villeurbannaise en changeant régulièrement de systèmes. Cibles de la défense de l’ASVEL, Julien ou Holston ont eu la capacité à trouver leurs intérieurs libres sur plusieurs séquences, amenant entre autres les dunks des Alingué ou autre Vanwijn. Ils ont aussi varié en profitant des bons écrans des intérieurs pour shooter ou écarter sur les postes 2 et 3. Une alternance de jeu et une réussite qui expliquent les 18 et 15 points du duo Holston/Julien et leurs 14 passes décisives à eux 2. Si Jonhson ou Simon, qui ont eu plusieurs shoots ouverts, avaient eu un peu plus de réussite à 3 points, le coup aurait été parfait.
  • Le banc: On aurait pu penser, à la vue du match, que la profondeur de banc de l’ASVEL n’avait pas joué. Et pourtant, avec 41% des points de l’ASVEL contre 24% à celui de la Jeanne, l’apport du banc villeurbannais a été important. C’est donc bien sur le 5 majeur que la différence s’est faite. Un duo/contre un trio: Si la Jeanne s’est appuyée sur l’intégralité de son groupe (entre ce qui se voit dans les stats et le reste), côté chiffres, le duo Hayes/Cole s’est distingué avec plus de 38% des points de leur équipes quand la triplette Holston/Julien/Vanwijn est allée chercher plus de 57% des points de la Jeanne.
  • Vivacité vs Athlétisme: Face à une équipe très athlétique, la Jeanne, comme nous l’espérions, a su faire la différence par sa vitesse, sa vivacité et un jeu de transition efficace. Malgré un physique dissuasif, un joueur comme Fall a régulièrement été pris de vitesse.

Un groupe qui ressemble de plus en plus à une bande de potes Un groupe qui ressemble de plus en plus à une bande de potes

  • La victoire d’un groupe: Si le trio Holston, Julien, Vanwijn a tiré l’équipe tout au long du match, beacoup de joueurs ont apporté. Comme le nouveau venu Robison, qui a fait étalage de tout son talent et planté 8 points. Précieux en défense, il a aussi pu faire souffler au poste 2 avec près de 22 minutes de jeu. Très certainement une des pièces maitresses de la JDA pour viser encore plus haut. Alingué, ne termine «qu’avec» 9 d’évaluation: il a pourtant été énorme et tout ne se voit pas dans les stats! Combatif comme on le connait, il s’est battu comme jamais des 2 côtés du terrain, a claqué des dunks et est allé capter la moitié des rebonds offensifs de la Jeanne! Simon, à côté de son match pendant les 20 premières minutes va avoir le mérite de toujours y croire et va sortir de sa boîte en 2ème mi-temps terminant avec 9 points et 13 d’évaluation. Enfin, sur ses 12 minutes de jeu, Galliou en a profité pour scorer un panier important et s’est bien battu en défense.
  • Holston/Julien: «Laisser les terminer le travail!» C’est un peu ce que nous pouvions nous dire en fin de match. Comment ne pas souligner la performance XXL du duo qui s’est montré très chaud et rassurant dans le money-time! Chacun dans son style, ils ont donné une leçon et montré qu’ils avaient de la glace dans les veines. La dernière action est le plus beau symbole de leur performance.
  • Vanwijn: Au-delà des stats, le Belge a encore déroulé toute la panoplie de son jeu. Excellent en pénétration, il s’est aussi montré à mi-distance, a pris des shoots en première intention, a feinté et a fait un gros boulot au rebond… Il a largement contribué à déstabiliser la défense villeurbannaise.
  • Le mental: L’ASVEL et son expérience en Euroleague auraient pu faire craindre à une ascendance dans les derniers instants de la rencontre. Ce sont finalement les Dijonnais qui, après être revenus au score à plusieurs reprises ont fait preuve d’un mental incroyable pour tuer le match dans les derniers instants. Une maturité et un QI Basket collectif qui n’ont jamais fait douter ce groupe.

David Holston a encore donné le tournis à l’ASVEL © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Ce n’était «qu’un match de championnat», nous n’étions pas à Disney ou en PO, mais la JDA a encore fait vivre à tous ses supporters un rêve éveillé. Réguliers depuis le début de saison, Les Dijonnais le sont. Cette rencontre ne doit et ne peut pas être qu’une parenthèse enchantée, mais bien le signe que cette année encore, ce groupe peut voir très loin. Un groupe qui ressemble de plus en plus à une bande de potes, bien décidés à défier la rationalité du sport et à braquer un maximum de clubs, surtout les gros. Ca tombe bien, il faudra remettre ça dès samedi face à Boulogne-Levallois.

0 Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.