5 décembre 2021

Basket : la JDA laisse les Metros’ à quai…

Le collectif dijonnais remporte une nouvelle belle victoire © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Alors que la JDA affrontait encore un gros ce samedi, elle a de nouveau montré d’énormes qualités pour venir à bout des Metropolitans 92. Si le match s’est soldé sur un tout petit score (66-64), la performance est elle, encore XXL. Retour sur une soirée riche en émotions.

Un début et une fin de rencontre où la JDA se fait peur, mais beaucoup de qualités, tant sur le plan sportif que dans les têtes; Nous savions cette équipe de Boulogne-Levallois redoutable et malheureusement, le début de rencontre va donner le ton de tout ce que l’on pouvait craindre. Les joueurs du 92, jouent vite et juste et se font plaisir dans la raquette dijonnaise avec notamment un gros travail de Ginat et Brown. Annonciateur d’une sale soirée après le rêve villeurbannais alors que Laurent Legname est forcé à prendre un premier temps mort après 5 minutes de jeu (14-5 pour les visiteurs)? Méconnaissable, cette Jeanne semble autant tétanisée que ses supporters très certainement crispés devant leur écran. La JDA doit alors se reprendre, retrouver son jeu, ne pas s’affoler et organiser sa remontée step by step. L’enjeu étant alors de limiter la casse avant la fin du premier acte. Et c’est ce qu’elle va faire. Si les Metropolitans voient dans un premier temps leur avance gonfler à +12 (8-20), les hommes de Legname vont ensuite multiplier les stops et sous l’impulsion de Robinson et Julien revenir à 6 petits points après le premier acte (14-20).

Gérald Robinson a montré tout ce qu’il pouvait apporter à la Jeanne © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Ca y est! La Jeanne est dans son match et la rencontre, la vraie, va pouvoir démarrer! Au cœur d’un deuxième acte de bonne facture, marquée par un très bon Robinson, la JDA va alterner son jeu, trouver des solutions tout en protégeant son cercle. Résultat, elle est devant à la pause (33-31). Le combat est là et l’on sent déjà que ça ne se jouera pas à grand chose. Le 3ème acte, particulièrement défensif, va néanmoins être l’occasion de surfer sur le précédent et de gratter encore quelques points d’avance (+4 / 45-41) avant le dernier quart. 5 minutes et un 12-2 plus tard en faveur d’une JDA qui a verrouillé son camp à double tour, on peut légitimement penser et espérer que la rencontre a enfin désigné son vainqueur (57-43). Nous sommes alors partagés entre euphorie et prudence alors qu’il reste encore beaucoup de temps. Et prudents il fallait l’être! Si la Jeanne ne lâche rien à l’image de Vanwijn, magnifiquement servi par Robinson, qui score sur un alley-oop pour l’une des actions de la soirée, Boulogne-Levallois se met à trouver enfin de l’adresse à 3 points. Petit à petit, l’écart fond comme neige au soleil. Seulement +6 à un peu plus d’une minute de la fin puis +5 à 40 secondes (64-59)…avant qu’une faute offensive imaginaire sifflée contre Holston ne vienne donner d’énormes sueurs froides…et mettre nombre d’images en tête: les regrets après avoir compté une telle avance, la remontée fantastique de Boulogne-Levallois l’an-passé contre Limoges ou encore l’égalisation de Monaco en 1/2 de la Leaders Cup. Mais, rien ne sert de penser. Il faut être dans l’action. Sur l’attaque de Levallois, la JDA doit surtout éviter de prendre un 3 points. Mais ce diable de Brown va précisément faire très mal en marquant à longue distance à 30 secondes de la fin (64-62)!

Coome tous ses coéquipiers le Belge Vanwijon a apporté sa pierre à l’édifice © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

La tension est à son comble. Cette fois, malgré la zone press des franciliens, il faut avant tout gratter des secondes et surtout ne pas perdre la balle. A 17 secondes du terme, Konaté fait faute sur Axel Julien qui se présente sur la ligne des lancers avec deux objectifs: a minima en mettre un pour se mettre à l’abri d’une défaite, mettre les deux pour quasiment assurer la victoire. Heureusement pour la Jeanne, son capitaine, qui en a autant dans la tête que dans le short, ne va pas trembler et faire filoche à 2 reprises! Malgré 2 lancers des Metros dans la foulée, la remise en jeu parfaite de Dijon qui suivra scellera définitivement la victoire de la Jeanne! Le Palais était vide, mais il a dû ressentir le ouf de soulagement de tous ses supporters…

Analyse, explications du succès dijonnais:

  • Les solutions à 2 points: longtemps, au cours du 1er quart temps, la Jeanne n’a pas trouvé de solutions dans la raquette de Boulogne-Levallois. La remontée dijonnaise correspond à une capacité à shooter et à marquer à 2 points tout en défendant son camp. A 40% de réussite dans le 1er quart temps, les Metros, quant à eux, affichaient un énorme 90% à 9 sur 10! A 50% sur les Q2 et Q3, la JDA va être à plus de 57% de réussite dans le dernier acte. A l’inverse, les Metros, gênés par la défense dijonnaise, vont d’un côté voir leur réussite tomber 50% dans le Q2, 57% dans le Q3 et 66% dans le Q4. Mais au-delà de la réussite, au fil du match, ils n’auront tout simplement plus de possibilités de shoots: 40% de leurs tentatives à 2 point se sont concentrés sur le seul premier quart temps (10 tentatives)! Derrière, ils ne prendront que 5 tirs dans le Q2, 7 dans le Q3 et seulement 3 dans le Q4….sans solutions, ils s’en sont remis (maladroitement) aux 3 points.
  • La réussite longue distance: Si la JDA l’a emporté en redressant la barre à 2 points, elle a aussi fait la différence à 3 points. La Jeanne a scoré à chaque quart temps à longue distance quand Boulogne-Levallois, sur les 30 premières minutes n’aura inscrit en tout et pour tout qu’un seul tir à 3 points sur 13 tentatives! Malgré les 4 shoots inscrits dans le dernier quart, c’est bien dans ce domaine que la Jeanne a fait la différence, et ce en dépit d’un taux de réussite moyen (32%); une issue liée à la maladresse des visiteurs mais intimement due à la grosse défense dijonnaise.
  • La force du collectif: Si les seules 13 passes décisives de la Jeanne traduisent la difficulté à se trouver dans la raquette, la JDA a encore pu s’appuyer sur l’ensemble de son groupe même si des individualités se sont distingués. A l’image d’une équipe cycliste, il y a avait toujours un joueur pour donner le coup d’accélération et l’impulsion pour embarquer le reste de l’équipe.
  • Le banc: Marqueur de l’implication de tous, le banc dijonnais a inscrit 38% des points de la Jeanne contre 14% pour le banc des Metropolitans.
  • Le rebond: Avec 3 rebonds offensifs de plus que les Metros, la Jeanne est allée gratter des secondes chances précieuses qui lui ont notamment permis de bénéficier de 5 tentatives de plus que son adversaires. Voilà comment on gagne aussi un match malgré une réussite inférieure de 6 points (40,7% contre 46,8%)!
  • Robinson: Nous l’avions annoncé facteur X, il va terminer MVP! En 26 minutes de jeu, il a éclaboussé le Palais de tout son talent. Il possède une palette de jeu impressionnante. Capable de se créer son propre shoot, il a su aussi servir ses coéquipiers. Il a marqué dans quasiment toutes les positions, avec de très belles pénétrations. Solide en attaque, l’américain a également été précieux en défense avec entre autres, 5 interceptions. Seul bémol, il en a fait parfois trop sur certaines actions. Mais le pendant de tout le reste et pas de quoi assombrir sa belle prestation.
  • Alingué/Galliou: Leur 3 et 2 d’évaluation ne reflètent pas leur prestation. Le +/- de 22 et 13 étant davantage révélateur de leur travail de l’ombre, notamment en défense. Galliou qui pallie à l’absence de Loum s’est bien battu. Il ne lui aura manqué que de la réussite sur ses 2 tirs à 3 points. Idem pour Alingué, toujours aussi combatif mais qui a manqué de justesse dans ses tentatives.
  • Holston/Simon: La JDA sait l’emporter sans un bon David Holston. A l’image de son équipe, il n’a pas su trouver la faille dans la raquette et n’aura pris que 2 tentatives infructueuses. Il s’est très vite énervé, a écopé rapidement rapidement de 3 fautes mais a aussi mis 2 paniers à 3 points salvateurs. Nul doute que le génial lutin va rebondir dès mardi soir! La Jeanne l’a aussi emporté avec un Chase Simon en manque d’adresse. Ses 2 seuls points étant inscrits sur lancers francs. Il termine avec un 0/4 à 3 points malgré des shoots ouverts…
  • Julien/Vanwijn: Axel Julien a encore totalement assumé son rôle de capitaine et pris ses responsabilités. Enorme d’envie, il a réalisé de magnifiques pénétrations et a eu de la glace dans les veines au moments de mettre ses 2 lancers en fin de match. Exemplaire. Vanwijn lui n’a pas tout réussi, mais il était encore partout et extrêmement volontaire. Insouciance, confiance ou talent? Peut-être un peu des 3 quand il n’hésite pas à prendre sa chance à 3 points après un gros raté. Un panier qui va au final valoir très cher. Le Belge termine avec 9 points et 11 d’évaluation.

Charles Galliou s’est bien battu et a été précieux défensivement © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

On s’attendait à un match dur, compliqué et nous n’avons pas été déçus. Dans un registre très différent par rapport au match précédent, la Jeanne est encore allée chercher des ressources énormes pour s’adapter à son adversaire et arracher une nouvelle victoire de prestige. Surtout, dans un classement qui commence à se dessiner malgré le contexte, la Jeanne conforte sa 2ème place et compte désormais 2 victoires d’avance sur sa victime du soir. Prochain rendez-vous dès mardi à Orléans!

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